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	<title>D&#233;bats la&#239;ques</title>
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	<description>Chers lecteurs, vous &#234;tes sur le site des textes prolongeant la collection D&#233;bats la&#239;ques &#233;dit&#233;e chez L'Harmattan. Le premier site de la seule collection consacr&#233;e &#224;...</description>
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		<title>D&#233;bats la&#239;ques</title>
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		<title>A propos du livre : L'invention de la Libert&#233; de conscience </title>
		<link>https://www.debatslaiques.fr/A-propos-du-livre-L-invention-de-la-Liberte-de-conscience.html</link>
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		<dc:date>2018-01-08T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Gounelle, Didier Molines, G&#233;rard DELFAU, Jacques Haab, Jacques- Louis Perrin , Thierry Mesny</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les six auteurs ont &#233;t&#233; professeurs ou directeurs de d&#233;partement &#224; l'universit&#233;, ma&#238;tres de conf&#233;rences, directeurs d'association. Chacun d'eux est engag&#233; dans l'une des familles de pens&#233;e constitutives de l'histoire de la Libert&#233; de conscience. L'invention de la Libert&#233; de conscience est le signe de notre entr&#233;e dans la modernit&#233; : &lt;br class='autobr' /&gt; une mutation de la culture provoqu&#233;e par la red&#233;couverte de l'antiquit&#233; gr&#233;co-romaine et le choc de la R&#233;forme protestante, prolong&#233;e par le Cart&#233;sianisme et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.debatslaiques.fr/-L-invention-de-la-Liberte-de-conscience-ou-l-entree-dans-la-modernite-.html" rel="directory"&gt;L'invention de la Libert&#233; de conscience ou l'entr&#233;e dans la modernit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.debatslaiques.fr/local/cache-vignettes/L94xH150/arton133-f9a83.png?1791265912' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les six auteurs ont &#233;t&#233; professeurs ou directeurs de d&#233;partement &#224; l'universit&#233;, ma&#238;tres de conf&#233;rences, directeurs d'association. Chacun d'eux est engag&#233; dans l'une des familles de pens&#233;e constitutives de l'histoire de la Libert&#233; de conscience.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'invention de la Libert&#233; de conscience est le signe de notre entr&#233;e dans la modernit&#233; :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;une mutation de la culture provoqu&#233;e par la red&#233;couverte de l'antiquit&#233; gr&#233;co-romaine et le choc de la R&#233;forme protestante, prolong&#233;e par le Cart&#233;sianisme et le Si&#232;cle des Lumi&#232;res, puis, v&#233;cue de fa&#231;on militante par la Franc-Ma&#231;onnerie adogmatique et la Libre Pens&#233;e. Or, la Libert&#233; de conscience est, depuis toujours, laiss&#233;e en jach&#232;re, abandonn&#233;e &#224; l'instrumentalisation de l'&#201;glise catholique qui l'assimile &#224; la libert&#233; de religion et en pervertit le sens, tandis que, sous la pression de l'islam fondamentaliste ou du juda&#239;sme orthodoxe, un certain nombre d'&#233;lus la sacrifient.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est de ce constat qu'est n&#233;e l'id&#233;e d'un ouvrage collectif, consacr&#233; &#224; cette th&#233;matique, le premier &#224; notre connaissance qui soit r&#233;dig&#233; dans une perspective humaniste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chacun des auteurs est engag&#233; dans l'une des familles de pens&#233;e constitutives de cette histoire. Et le projet commun qui les a rassembl&#233;s, c'est d'ouvrir un d&#233;bat public sur la Libert&#233; de conscience, con&#231;ue comme la pierre de touche de la La&#239;cit&#233; et comme enjeu majeur de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Andr&#233; Gounelle : La tol&#233;rance</title>
		<link>https://www.debatslaiques.fr/Andre-Gounelle-La-tolerance.html</link>
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		<dc:date>2017-01-24T16:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Gounelle</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La tol&#233;rance excessive &#171; refuser de d&#233;signer et de d&#233;noncer l'intol&#233;rable aurait des cons&#233;quences catastrophique &#187; La tol&#233;rance insuffisante &#171; Elle rel&#232;ve des pr&#233;liminaires, de l'apprentissage des relations humaines. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Au-del&#224; de la tol&#233;rance : La libert&#233;, l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; La tol&#233;rance &lt;br class='autobr' /&gt; Que la tol&#233;rance soit une vertu souhaitable et positive, la plupart de nos contemporains le pensent, &#224; mon sens, avec raison. Cela ne va, cependant, pas de soi, et il faut toujours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.debatslaiques.fr/-France-.html" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.debatslaiques.fr/local/cache-vignettes/L150xH80/arton82-76215.jpg?1791265912' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La tol&#233;rance excessive &#171; refuser de d&#233;signer et de d&#233;noncer l'intol&#233;rable aurait des cons&#233;quences catastrophique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La tol&#233;rance insuffisante &#171; Elle rel&#232;ve des pr&#233;liminaires, de l'apprentissage des relations humaines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au-del&#224; de la tol&#233;rance : La libert&#233;, l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La tol&#233;rance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Que la tol&#233;rance soit une vertu souhaitable&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.debatslaiques.fr/local/cache-vignettes/L300xH481/andre_gounelle_dans_la_cite-3dd45.jpg?1791265912' width='300' height='481' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;et positive, la plupart de nos contemporains le pensent, &#224; mon sens, avec raison. Cela ne va, cependant, pas de soi, et il faut toujours s'interroger sur ce que l'on tient trop vite pour &#233;vident, sans bien mesurer les objections et les difficult&#233;s Deux &#233;cueils menacent constamment la tol&#233;rance : celui de l'exc&#232;s, ou de l'outrance d'un c&#244;t&#233;, et, de l'autre, celui de l'insuffisance ou de la p&#233;nurie. Entre le &#034;trop&#034; et le &#034;pas assez&#034;, o&#249; trouver le bon chemin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La tol&#233;rance excessive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pendant longtemps, en gros jusqu'au dix-huiti&#232;me si&#232;cle, on a jug&#233; tr&#232;s n&#233;gativement la tol&#233;rance. On y voyait non pas une vertu (c'est &#224; dire, au sens &#233;tymologique, une force), mais une faiblesse. On la pr&#233;sentait comme un vice &#224; combattre, et non pas comme une qualit&#233; &#224; cultiver et &#224; d&#233;velopper. En effet, disait-on, au lieu de refuser le mal, le tol&#233;rant l'admet. Il ne lutte pas contre le m&#233;chant ou le mauvais, il le laisse faire. Il s'abstient alors qu'il rendrait service en intervenant. Il se tait l&#224; o&#249; la v&#233;rit&#233; demanderait qu'on parle, et il se croise les bras l&#224; o&#249; la justice exigerait que l'on agisse. Il permet ce qui ne devrait pas &#234;tre permis. Bref, il manque de moralit&#233; et de civisme ; il ne remplit pas ses devoirs envers la soci&#233;t&#233; et envers les autres. Quand il se comporte ainsi par complaisance ou par l&#226;chet&#233;, on le bl&#226;me. Lorsqu'il se trouve dans des circonstances telles qu'il ne peut agir autrement, on le plaint. On consid&#233;rait que la tol&#233;rance rel&#232;ve d'une passivit&#233; soit coupable soit malheureuse. Elle accepte par faiblesse ou par incapacit&#233; trop de choses. En 1585, en pleine guerre civile et religieuse, le roi Henri III attribue non pas &#224; l'intol&#233;rance, mais &#224; la tol&#233;rance &#034;le cours d'infinis maux et calamit&#233;s que conna&#238;t le Royaume de France&#034;. Pour lui, on se divise et on se bat parce qu'on a autoris&#233; trop de choses. Un peu plus d'un si&#232;cle plus tard, la m&#234;me ann&#233;e, en 1691, s'expriment deux condamnations aussi vigoureuses l'une que l'autre de la tol&#233;rance religieuse. La premi&#232;re se trouve sous la plume du tr&#232;s catholique Bossuet, et la seconde vient du tr&#232;s protestant Synode Wallon (compos&#233; majoritairement de huguenots exil&#233;s apr&#232;s la R&#233;vocation de l'&#201;dit de Nantes). Alors qu'ils s'opposent sur tout le reste, les uns et les autres s'accordent pour d&#233;sapprouver la tol&#233;rance, parce que tol&#233;rer signifie admettre l'inadmissible. Quand Bossuet &#233;crit, phrase souvent cit&#233;e au moment des combats la&#239;ques du d&#233;but du si&#232;cle, que le catholicisme est la plus intol&#233;rante de toutes les religions, il pense non pas en signaler un d&#233;faut, mais en souligner un grand m&#233;rite, &#224; savoir la ferme volont&#233; de ne pas pactiser avec le mal. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette critique d'une tol&#233;rance l&#226;che et trop permissive appelle trois remarques.&lt;br class='autobr' /&gt; Premi&#232;rement, on doit la prendre au s&#233;rieux. Elle emp&#234;che d'&#233;vacuer trop facilement la question de l'inadmissible, de l'inacceptable. Il y a des choses contre lesquelles il faut se battre. Une tol&#233;rance qui se voudrait sans limite, qui refuserait de d&#233;signer et de d&#233;noncer l'intol&#233;rable aurait des cons&#233;quences catastrophiques. En mettant tout sur le m&#234;me plan, en rendant indiff&#233;rents, semblables, de m&#234;me valeur les divers choix et engagements, elle d&#233;mobiliserait, elle nous d&#233;tournerait de nos devoirs d'&#234;tre humain et de citoyen. Nous en avons un exemple avec le philosophe et th&#233;ologien Paul Tillich qui lutte en 1932 contre la propagande nazie dans la Facult&#233; de philosophie de Francfort dont il &#233;tait le Doyen. Sa fonction ne l'a pas r&#233;duit et ne devait pas le r&#233;duire &#224; une neutralit&#233; qui tol&#232;re l'intol&#233;rable.&lt;br class='autobr' /&gt; Deuxi&#232;mement, l'essentiel ne consiste pas &#224; plaider, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale et abstraite, pour la tol&#233;rance, mais &#224; d&#233;battre, aussi pr&#233;cis&#233;ment que possible, sur le tol&#233;rable et sur ses limites. Que doit-on admettre et permettre, m&#234;me si on le d&#233;plore et on le d&#233;sapprouve, et que faut-il refuser absolument ? Autrefois, on estimait invivable la pluralit&#233; religieuse ou politique. On pensait que l'h&#233;r&#233;tique ou l'opposant repr&#233;sentait un danger trop grand pour qu'une soci&#233;t&#233; ou qu'un &#201;tat l'accepte. S'il n'en va plus de m&#234;me aujourd'hui, les d&#233;saccords sur les fronti&#232;res subsistent. De nombreux exemples le montrent. J'en cite p&#234;le-m&#234;le quelques-uns. Les manipulations g&#233;n&#233;tiques, l'avortement, la consommation personnelle, sans publicit&#233;, de drogues douces ou de films p&#233;dophiles, les sacrifices d'animaux ou la pratique de l'excision des fillettes, les images de violence et de sexe &#224; la t&#233;l&#233;vision, les th&#232;ses r&#233;visionnistes, font-elles partie du tol&#233;rable ou non ? On peut r&#233;pondre qu'il appartient en principe &#224; la loi d'en d&#233;cider. Malheureusement, on le sait depuis l'Antigone de Sophocle, la loi n'est pas toujours sage ni juste. Pensons aux l&#233;gislations racistes du temps de l'antis&#233;mitisme d'&#201;tat ou des r&#233;gimes d'apartheid. Dans ce cas, faut-il ou non pr&#233;coniser la d&#233;sob&#233;issance civile ? La juste voie entre une tol&#233;rance et une intol&#233;rance &#233;galement excessives n'est ni simple ni &#233;vidente. Il me semble que m&#234;me s'il ne faut pas attendre qu'il r&#233;solve tous les probl&#232;mes, on ne devrait en tout cas pas sur de telles questions &#233;conomiser un d&#233;bat public.&lt;br class='autobr' /&gt; Troisi&#232;mement, il importe que la lutte contre l'intol&#233;rable corresponde bien &#224; sa nature et qu'elle ne soit pas en porte &#224; faux. Quand Calvin fait ou laisse ex&#233;cuter &#224; Gen&#232;ve Michel Servet parce qu'il rejetait le dogme de la Trinit&#233;, S&#233;bastien Castellion, l'un des premiers ap&#244;tres de la tol&#233;rance, proteste vivement et &#233;crit une phrase fameuse : &#034;Tuer un homme, ce n'est pas d&#233;fendre une doctrine, c'est tuer un homme&#034;. R&#233;pondre &#224; un discours jug&#233; intol&#233;rable, non pas en le discutant, en en montrant l'absurdit&#233; ou l'erreur, mais par la force ou la violence est une riposte inadapt&#233;e. Nul ne reprocherait &#224; Calvin d'avoir tent&#233; de r&#233;futer les th&#232;ses de Servet. Mais le contraindre au silence par une ex&#233;cution ne lui apporte pas la r&#233;plique qui convient et donne &#224; soup&#231;onner qu'on ne dispose pas d'arguments de fonds puisqu'on a recours &#224; la coercition. Locke a bien mis en &#233;vidence la contradiction ou l'incons&#233;quence profonde de la pers&#233;cution religieuse : quand on veut obliger &#224; croire par la force, on utilise des moyens non seulement inhumains, mais aussi inappropri&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Aujourd'hui, il n'est pas s&#251;r que des mesures de justice ou de police servent &#224; grand chose contre des id&#233;es ou des th&#232;mes intol&#233;rables, sinon &#224; faire passer ceux qui les expriment pour victimes d'une intol&#233;rance institu&#233;e et organis&#233;e. Je comprends bien la n&#233;cessit&#233; d'affirmer dans certains cas : &#034;pas de libert&#233; pour les ennemis de la libert&#233;&#034; ou &#034;pas de tol&#233;rance pour les intol&#233;rants&#034;. Pourtant, ces slogans me font peur, car pour d&#233;fendre la libert&#233; et la tol&#233;rance on les d&#233;truit et on donne paradoxalement raison &#224; leurs adversaires par la mani&#232;re dont on les combat. La perversit&#233; des fascismes consiste &#224; pousser ceux qui le combattent &#224; adopter eux-m&#234;mes des comportements de type fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La tol&#233;rance insuffisante &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Parfois, la tol&#233;rance se r&#233;v&#232;le excessive, en admettant et permettant ce qu'il faudrait combattre. Dans d'autres cas, elle appara&#238;t, au contraire, nettement insuffisante. Quand on tol&#232;re ma pr&#233;sence dans un groupe ou dans un pays, je m'y trouve en une position d'inf&#233;riorit&#233; et non d'&#233;galit&#233; avec les autres, ce qui m'oblige &#224; plus de prudence et de retenue que si j'y &#233;tais de plein droit. On &#233;prouve parfois une grande gratitude de se voir ainsi tol&#233;r&#233; plut&#244;t que rejet&#233; ou pers&#233;cut&#233;. La tol&#233;rance n'en demeure pas moins une acceptation mesur&#233;e et restreinte. Elle ne reconna&#238;t que partiellement la diff&#233;rence. Elle maintient une discrimination qu'elle adoucit sans la supprimer. &lt;br class='autobr' /&gt; En 1787, apr&#232;s un si&#232;cle de poursuites et de pers&#233;cutions, le roi Louis XVI a promulgu&#233; un &#233;dit de tol&#233;rance &#224; l'&#233;gard de ses sujets non catholiques. Par rapport &#224; la R&#233;vocation de l'&#201;dit de Nantes, ce nouvel &#233;dit repr&#233;sentait un progr&#232;s certain. Il am&#233;liorait consid&#233;rablement les conditions de vie des minorit&#233;s religieuses et, m&#234;me s'il continuait &#224; interdire l'exercice public d'un culte autre que le catholique, il renon&#231;ait &#224; sanctionner des opinions et des comportements priv&#233;s. Pourtant, en m&#234;me temps qu'il soulageait les protestants, cet &#233;dit les a beaucoup d&#233;&#231;us. Il esp&#233;raient et demandaient, en effet, bien plus qu'une sorte de faveur ou d'indulgence. En la leur accordant, ils avaient le sentiment que le roi ne leur rendait pas vraiment justice. Quand deux ann&#233;es plus tard, en 1789, aux d&#233;buts de la R&#233;volution, l'Assembl&#233;e Constituante vote la D&#233;claration des droits de l'homme, une discussion a lieu autour l'article 10 qui porte sur la libert&#233; religieuse. Au cours du d&#233;bat, le pasteur Rabaut Saint-&#201;tienne, d&#233;put&#233; de N&#238;mes, monte &#224; la tribune et d&#233;clare : &#034;Ce n'est pas la tol&#233;rance que je demande, mais la libert&#233;. La tol&#233;rance, le support, le pardon, la cl&#233;mence, id&#233;es souverainement injustes envers les dissidents, tant il est vrai que la diff&#233;rence d'opinions n'est pas un crime. La tol&#233;rance ? Je demande qu'il soit proscrit &#224; son tour, et il le sera, ce mot injuste qui ne nous pr&#233;sente que comme des citoyens dignes de piti&#233;, comme des coupables auxquels on pardonne&#034;. Ce discours invite &#224; voir dans la diff&#233;rence non pas une anomalie que l'on doit, par une g&#233;n&#233;rosit&#233; condescendante, accepter, mais un droit &#224; prot&#233;ger et &#224; d&#233;fendre. Il permet de mesurer l'&#233;cart qui s&#233;pare la tol&#233;rance de la libert&#233; et de l'&#233;galit&#233;. Seule &#034;l'insolence d'un dominateur&#034;, &#233;crit Condorcet, nomme &#034;tol&#233;rance&#034; ce qui est un droit. &#034;Celui qui tol&#232;re, &#233;crit Goethe, insulte&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette critique de la tol&#233;rance jug&#233;e insuffisante appelle deux observations.&lt;br class='autobr' /&gt; La premi&#232;re rel&#232;ve de l'&#233;thique personnelle. Nous devons prendre conscience que, dans nos rapports avec les autres, loin d'&#234;tre la vertu supr&#234;me, la tol&#233;rance repr&#233;sente seulement, dans le meilleur des cas, un premier pas qui doit en entra&#238;ner bien d'autres. Elle rel&#232;ve des pr&#233;liminaires, de l'apprentissage des relations humaines. Il faut voir en elle un point de d&#233;part, plut&#244;t qu'un but. &#034;Elle ne devrait &#234;tre, &#233;crit Goethe, qu'une attitude provisoire ; elle doit conduire &#224; l'accueil profond&#034;. Il ne suffit pas de tol&#233;rer les autres ; il importe de les &#233;couter, de les comprendre, de leur rendre justice, d'entrer en dialogue avec eux. Autrement dit, la tol&#233;rance se doit de pr&#233;parer le terrain pour la fraternit&#233; et de lui c&#233;der la place. &lt;br class='autobr' /&gt; La seconde observation concerne le politique, au sens de l'organisation de la vie publique. On peut distinguer trois mani&#232;res de comprendre l'unit&#233; et de construire la convivialit&#233; dans un pays. On a, d'abord, la concorde ou le consensus. Ces termes ne d&#233;signent pas la bonne entente, mais l'unanimit&#233;. Tous ont &#034;un m&#234;me c&#339;ur&#034;, &#034;un m&#234;me sens&#034;, c'est &#224; dire des valeurs, des id&#233;aux, des croyances, et des opinions identiques. Cet id&#233;al de l'unanimit&#233; domine dans les soci&#233;t&#233;s totalitaires, anciennes comme modernes, qui s'efforcent d'&#233;liminer les diff&#233;rences et dissidences, car elles voient dans la diversit&#233; et le d&#233;saccord une menace mortelle. Elles bannissent, d&#233;portent, internent ou ex&#233;cutent ceux qui s'&#233;cartent de la ligne commune officielle. Vient, en deuxi&#232;me lieu, la &#034;tol&#233;rance&#034;, dont l'&#233;dit de Nantes, au seizi&#232;me si&#232;cle donne un exemple. Faute de pouvoir &#233;tablir ou maintenir par la force l'unanimit&#233;, on admet la pluralit&#233;, qu'on ne consid&#232;re pas comme un bien, mais comme un moindre mal. Les majoritaires accordent aux minoritaires un statut d'exception, puisqu'ils ne peuvent pas les &#233;liminer, et les minoritaires acceptent ce statut, puisqu'ils n'arrivent pas &#224; s'imposer. Les uns et les autres se r&#233;signent &#224; l'&#233;chec de leur projet et de leur ambition totalitaires. Ils se supportent mutuellement, tant bien que mal, parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Aujourd'hui, dans nos soci&#233;t&#233;s actuelles, nous sommes &#224; la recherche d'une troisi&#232;me attitude qui renonce &#224; la concorde impossible et r&#233;pressive, qui d&#233;passe la tol&#233;rance subie et discriminatoire pour accepter pleinement la pluralit&#233;, et organiser une convivialit&#233; qui respecte l'identit&#233; de chacun, qui assure &#224; tous la libert&#233; et l'&#233;galit&#233;. Cette nouvelle attitude n'est facile ni &#224; d&#233;finir ni &#224; mettre en place, comme en t&#233;moignent les troubles que provoquent dans bien des pays la coexistence de populations diverses et la pr&#233;sence d'individualit&#233;s marginales, comme le montrent &#233;galement les incertitudes et les h&#233;sitations l&#233;gislatives de nos gouvernements successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au del&#224; de la tol&#233;rance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour &#233;viter aussi bien l'exc&#232;s, qui admet n'importe quoi, que l'insuffisance, qui n'accepte pas vraiment l'autre, pour ne tomber ni dans le laxisme ni dans la condescendance, la tol&#233;rance doit se d&#233;passer elle-m&#234;me. Elle doit le faire au niveau personnel comme sur le plan social en servant de tremplin &#224; ces vertus fondamentales et difficiles que proclame justement et pourtant trop facilement la R&#233;publique fran&#231;aise &#224; savoir : la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Gounelle, Dans la cit&#233;. R&#233;flexions d'un croyant, &#233;ditions Van Dieren, Paris, 2002.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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