Zone de Texte: 		Organiser et financer un islam français doit être fait par…les Français musulmans
 
Aujourd'hui, on voit un déchaînement dans tous les médias et dans tous les partis pour que, d’une manière ou d’une autre, « la République finance ce malheureux islam qui n’a pu profiter des largesses de la République en 1905 » !
 
·	Faut-il rappeler que ce sont les habitants du royaume, déclarés comme étant tous catholiques, qui ont, de gré ou de force, payé pendant plus de 1.500 ans des impôts auxquels ils ne pouvaient échapper pour financer des églises, des cathédrales et des monastères et entretenir un corps abondant d’ecclésiastiques ?
·	Faut-il rappeler qu’en 1905 la loi a mis fin à cette situation par le principe de Séparation et déclaré que désormais ce seraient les pratiquants qui financeraient leur culte ? 
·	Faut-il rappeler que, si l’État entretient un certain nombre d’édifices religieux (dont il est devenu propriétaire), ce n’est pas pour garantir une pratique religieuse, mais pour conserver un patrimoine constitué d’œuvres humaines d’exception ?
·	Faut-il rappeler que l’État fait de même avec les châteaux royaux, et que ce n’est donc pas pour sauvegarder ou honorer cette ancienne noblesse que les frais d’entretien sont assurés par l’État ?
·	Faudrait-il qu’en quelques années, l’ensemble des Français paye à nouveau pour la construction d’édifices religieux et d’écoles sous autorité religieuse ? Tout ceci sous le prétexte qu’il faut « mettre l’islam de France au niveau des autres religions », qu’il faut faire un « rattrapage » à marches forcées et qu’il faut permettre qu’une « fille de 14 ans puisse porter le voile dans son école musulmane » (comme le propose la sénatrice UDI Nathalie Goulet ?).
·	Faudrait-il que la République forme des imams en leur accordant un certificat de « bonne conduite », donnant ainsi, de facto, une « garantie de conformité républicaine » à l’enseignement de ces imams ?
Tout ceci pour qu’un « islam français », compatible avec les lois de la République, puisse voir le jour et s’imposer grâce à cette manne financière.


À toutes ces questions, ma réponse est claire : Il y a d’autres solutions !
 
Il vaut mieux, en particulier :
-Appliquer immédiatement toutes les lois actuelles de la République pour que les prêches qui propagent la haine et/ou l’appel au meurtre et/ou au dénigrement de la République et de ses valeurs soient condamnés et interdits.
-Exiger ou forcer les principaux acteurs des réseaux sociaux à ne plus propager des messages appelant ouvertement au meurtre et à la haine ou bien montrant des actes de barbarie. (Car ces mêmes réseaux – Facebook en particulier – savent parfaitement interdire tout message porteur d’une photo qu’ils jugent sexuellement choquante, jusqu’à supprimer d’autorité les images de l’Origine du monde ou même d’un tableau de Picasso qui montre ( ?) des femmes aux seins nus…)
Et surtout :
-S’appuyer sur les centaines de milliers de Français musulmans et des intellectuels musulmans pour retenir de l’islam ce qui est compatible avec les Lumières et les lois de la République. ; puis créer et gérer une école d’imams, non seulement comprenant et respectueux de ces lois, mais également connaissant les origines des acquis générés par les Lumières. Ces acquis existent.
-Renforcer le rôle de l’école, de ses enseignants, de ses enseignements et de sa morale républicaine, créant des citoyens égaux en droit, libres de penser et de se déterminer, et conscients que, au-delà des différences, tous les hommes et les femmes de notre planète ont la même richesse de l’âme.
 
En conclusion :
 
Il faut refuser ce consensus (mou) qui semble être sur le point de se dégager à droite comme à gauche, à savoir : « finançons le culte musulman (sous le prétexte qu’en 1905, l’Islam n’était pas présent) et organisons, sous l’égide de l’État, les structures de cette religion en France et, ainsi, la France sera à l’abri des excès rétrogrades de l’Islam des pays du Maghreb et/ou du Moyen-Orient ! »
 
Car voici ce qui risque alors se passer : Les Français vont payer ; les mosquées et les écoles musulmanes vont se construire ; la religion musulmane va « s’organiser » ; le communautarisme va s’accroître ; les autres religions vont réclamer les mêmes avantages ; mais un islam dit « pur » se développera en parallèle (et en réaction) pour combattre à la fois :
les traîtres musulmans qui auront accepté la manne financière des mécréants
les mécréants eux-mêmes pour avoir « perverti » l’Islam…
Heureusement, il y a des hommes et des femmes qui pensent que les Lumières, la laïcité, la démocratie et la République nous ont donné tous les outils pour contenir les désirs impérialistes de toute religion et pour que chacune d’entre elles reste à la place qui est la sienne : celle d’une croyance fondée sur aucune preuve, mais dont certains citoyens ont besoin pour mieux vivre (et mieux mourir), ce qui est parfaitement respectable.

Michel Ferreboeuf 15-08-2016

* (Cf. l’article de Ghaleb Bencheikh, interview, Rapport de la commission au sénat ci-après).

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