Editorial

A voir, en avant-première, l’excellent débat Diffusé par France3-Occitanie, dans l’émission Dimanche en politique, le 29 octobre, à 11h25, présentée et animée par Florent Hertmann.

, par Agnès PERRIN DOUCEY, Gérard DELFAU

entre l’universitaire Agnès PERRIN, référente Laïcité à l’ESPE [1] de Montpellier, Pierre-Marie CARRÉ, archevêque de Montpellier, et Hocine DROUICHE, imam à Nîmes et vice-président de la Conférence des imams de France, sur le thème : Le concept de laïcité doit-il évoluer ? Un plateau de choix .

France 3 Occitanie - La laïcité, un débat récurrent

France 3 nous offre-là un beau moment de télévision : Agnès Perrin est souriante, tranquille, et en même temps déterminée et pédagogue sur un sujet qu’elle connaît bien. Elle dialogue avec ses deux contradicteurs, dignitaires de l’Eglise catholique et de l’Islam. Et déjà, voilà, sous nos yeux, un événement inconcevable ailleurs qu’en France : une femme, une universitaire, incarnant la laïcité, sur un pied d’égalité avec les représentants de religions monothéistes, au sein desquelles les femmes n’accèdent que difficilement à l’égalité des droits.

Ce simple fait montre combien la laïcité est devenue, n’en déplaise aux grincheux ou à ses adversaires, une conviction profondément partagée par nos concitoyens. Puis le débat s’engage ; il est d’un bout à l’autre marqué par les interventions argumentées d’Agnès Perrin. Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier, adopte une position de retrait, en admettant d’entrée de jeu la légitimité de la loi de Séparation des Églises et de l’État. Hocine Drouiche, imam à Nîmes, se pose en homme de bonne volonté, soucieux de promouvoir au sein de sa communauté un islam respectueux de la République. Agnès Perrin répond à l’un et à l’autre, en s’appuyant sur les données historiques. Au représentant de l’Eglise catholique, elle rappelle l’Article 2 de la loi de 1905 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », qui replace l’exercice de la liberté de religion dans la sphère privée. A destination de l’imam, elle souligne la prééminence de la loi sur les préceptes religieux, depuis les débuts de la IIIe République ; ce qu’il admet d’ailleurs. Mais surtout elle développe une vision positive de la laïcité, autour des concepts de neutralité, de liberté de conscience et d’égalité des droits. Au passage, elle clarifie le double sens du mot « public » en distinguant les espaces publics (rues, places, bâtiments), où existe la liberté de port de signes religieux, et la sphère publique, celle de l’école par exemple, au sein de laquelle s’impose une stricte neutralité aux enseignants, comme aux élèves, d’où la loi de 2004. Enfin, se référant à notre dernier livre, elle a cette formule : « La Liberté de conscience, c’est l’ADN de la Laïcité », tandis que s’inscrit en gros plan la couverture bleue de l’ouvrage. Un bel exercice de démocratie audio-visuelle sur un sujet brûlant, loin des caricatures et des clichés, au service de la réflexion et du vivre ensemble républicain.

Gérard DELFAU
23-10-2017

"Dans la formation ESPE de tous les enseignants, il y a obligation d’enseigner les fondements de l’école dont la laïcité mais aussi d’apprendre aux élèves la notion fondamentale à devenir libre dans leur capacité à penser : la Liberté de conscience est l’ADN de la laïcité."

Est-ce une définition simple ou complexe à exprimer ou à comprendre ?
"La laïcité est une grande idée simple ; comme toute idée simple, la laïcité est compliquée à installer et difficile à faire comprendre..."

Notes

[1Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education.